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#3 La classe virtuelle : loin des yeux, près du cœur…

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20/04/2020

#3 La classe virtuelle : loin des yeux, près du cœur…

 

...Ou comment distance et présence* se côtoient en classe virtuelle !

La distance physique qu’implique la classe virtuelle n’est pas nécessairement synonyme de distance relationnelle et émotionnelle et encore moins cognitive.  Mais ce qui est sûr, c’est qu’elle influence nos modes d’apprentissage, d’enseignement et de communication. Et pour en arriver à ce constat, il a fallu tester, pratiquer encore et encore. Quelques milliers de classes virtuelles plus tard, nous continuons à apprendre de nos erreurs, à expérimenter et parfois… souvent… à être surpris.

Like a brick in the wall

Avec la classe virtuelle, les codes de la formation sont revisités (voir cassés : trop Nice 😊). La posture/la position physique du formateur (debout et face au groupe) est totalement remise en question. Tout le monde est physiquement au même niveau, derrière son ordinateur/sa tablette. Ce qui a plusieurs vertus.

La distance entre sachant et apprenants s’atténue

  • Si le formateur a la maîtrise du sujet « enseigné », les participants peuvent encore plus vite et plus facilement le challenger qu’en présentiel, grâce à internet. Les compétences du formateur résident donc, plus largement, dans ses savoir-faire et savoir-être que dans ses savoirs ; dans sa capacité à faciliter, à accompagner et à valoriser les apprenants.

Le formateur prend de la distance par rapport à ses modes d’enseignement

  • De fait, le formateur se rend ‘’rapidement ’’  compte qu’un enseignement descendant en classe virtuelle est encore moins viable qu’en présentiel. Les participants peuvent plus facilement s’extraire de la session (de façon plus ou moins discrète d’ailleurs).
  • Par conséquent, se pose très tôt la question de l’engagement. Mais aussi, celle de ce sentiment partagé et collectif de présence qui se révèle, si le formateur comme les participants mettent en place des interactions sociales de qualité (partager, raconter, rire, se challenger, etc.).

Les canaux de communication entre participants se multiplient (à l’oral mais aussi à l‘écrit via le tchat)

  • A condition que le tchat soit ouvert (pour des échanges collectifs et individuels), il permet aux participants de s’adresser directement les uns aux autres sans que le formateur en soit systématiquement informé. Il en résulte des phénomènes d’entraide, de connivence.
  • Et mieux encore, pour les timides/les introvertis, le tchat est un moyen de communication parfois plus aisé que l'oral.

La pression du groupe est moindre et, de fait, l’inhibition qui en résulte

  • Qui n’a pas eu quelques sueurs froides en prenant la parole et en sentant tous les regards se braquer sur lui/elle ? Sensation inconnue en classe virtuelle. Du coup, la prise de parole en est facilitée (ce phénomène est évident en cours de langues, par exemple).

On peut ou non jouer avec son image

  • Les participants peuvent activer ou non leur vidéo. Et donc jouer ou non de leur image. La voix/l’ouïe prend alors le pas sur l’apparence physique/le visuel. Finalement chacun s’imagine l’autre (le pouvoir de l’imagination…). Il peut en résulter moins d’a priori.

Home sweet home

Avec la classe virtuelle, le lieu où prend place la formation est dual : il est à la fois espace « virtuel » à travers l’outil qui permet au groupe d’interagir et lieu physique propre à chacun (son bureau, sa maison, etc.).

Bienvenue chez moi

Faire (participer ou faciliter) une classe virtuelle, contrairement au présentiel, ne permet pas de s’extraire de son environnement professionnel (son bureau) ou personnel (sa maison si on est en télétravail). Cela a plusieurs conséquences :

  • La première est, pour certains, de s’en trouver plus à l’aise car ils sont dans un environnement qui leur est familier (contrairement à une salle de classe lambda). Un petit café, la chaise qui va bien, ses chaussons, bref des conditions de rêve 😊.
  • Le revers de la médaille peut être la difficulté à s’extraire de son activité du moment pour s’immerger dans sa formation en classe virtuelle (être absorbé par sa tâche, dérangé par son entourage). Dans ce cas, voici quelques trucs qui peuvent vous aider :
    • Préparer une affiche indiquant à votre entourage que vous êtes en plein milieu d’une mission de formation de la plus haute importance. Et que vous leur seriez reconnaissant de passer en mode « furtif ».
    • Vous équiper d’un casque. Ça vous isole du monde extérieur côté audition. S’il est de qualité, le micro peut également atténuer les bruits ambiants.
    • Pensez à vous exiler dans un endroit calme (et connecté), si possible, une salle de réunion, une petite terrasse ou un coin de jardin calme…

C’est parfois l’opportunité de partager plus facilement quelque chose qui nous est cher ou qui nous définit.  Par exemple, en montrant  un objet à portée de main, en faisant une rapide visite de notre espace. Cela créé ainsi un peu plus d’intimité (bien sûr, tout dépend du contexte et des participants).

Comme un poulpe dans une boîte de conserve

Cet espace virtuel qu’est la classe virtuelle peut apparaître trop vaste ou trop restreint, selon son aisance avec l’outil, ce que l’on veut en faire et qui on y accueille.

  • Tous ces outils/options à utiliser, toutes ces possibilités à explorer. Cela peut être grisant ou faire peur. Pris dans l’ordre et avec sérénité, il n’y a pas lieu de s’affoler. Le secret, c’est d’y aller pas-à-pas, de vous entraîner sans modération et de commencer par un petit groupe (si en plus vous pouvez fonctionner en binôme avec quelqu’un qui a un peu de vécu en classe virtuelle, c’est parfait).
    • Commencez par une classe virtuelle de présentation de votre programme : un tour de table, une présentation, un sondage pour recueillir les premiers retours. Pour une première, c’est déjà pas mal (personne n’attend de vous que vous soyez un cador dès la première session).
    • Puis poursuivez avec un brainstorming sur le sujet (de votre formation) grâce au tableau blanc ou à un outil de brainstorming à partager avec le groupe.
    • A votre 3e session, continuez en variant les plaisirs : un court apport, du brainstorming, un quiz/sondage et un jeu ou une mise en pratique (selon le sujet).
    • Si à l’inverse vous craignez d’être contraint par rapport au présentiel, faites-vous confiance et expérimentez. Qu’est-ce qui vous empêche de régulièrement dédier un quart (ou plus) de votre session à l’expérimentation d’une nouvelle activité, d’une nouvelle approche ? Informez-en les participants et impliquez-les dans cette expérimentation. Quand bien même le résultat escompté n'est pas aux rendez-vous, tout ne sera pas perdu. Ils auront pu donner leur avis, peut-être suggérer autre chose ; et donc être dans une posture active. Ils auront également pu constater que vous aussi vous avez des choses à apprendre et que vous osez** (quelle belle démonstration de congruence pour un formateur 😉).

Petit mais costaud

La sensation ou l’expérience de la distance et de la présence sont aussi conditionnées par la durée de la formation. Si elle est trop longue, la perte d’attention s’installe et les interactions s’étiolent. Trop courte, elle laisse sur sa faim (et sur sa fin).

A une heure, une heure et demie

Le sentiment de proximité dépend en grande partie de la qualité de  :

  • L’écoute des participants
  • Leurs interactions (spontanées, régulières, variées – apports, questions, débats, etc.).

Cette « qualité » ne peut être maintenue indéfiniment dans le temps, d’où l’importance de la durée.

Je voue mon ennui à l’asynchronie

Dans les avantages mis en avant de la classe virtuelle, est de plus en plus souvent mentionné celui de son enregistrement. On ne peut le nier, c’est une des réponses possibles à l’absentéisme. Mais voici comment on passe en quelques clics du synchrone à l’asynchrone. Et comment aussi, si l’on n’est pas vigilant, on ajoute de la distance à la distance.

Aussi pensez à découper cet enregistrement en plusieurs « épisodes ». (parce qu’une heure d’écoute active ou en pleine conscience – au choix 😊 – quand on est seul, c’est long). Et pour y réintroduire un peu d’interaction, postez ces épisodes via un chat ou tout du moins sur un forum (ouvert au formateur comme aux participants). Et donnez ainsi aux absents, l’opportunité de poser leurs questions ou d’exposer leurs idées.

Le plus court chemin…

Il est maintenant acquis que la durée idéale d’une classe virtuelle ne devrait pas excéder 1h30 (2h maximum). Cela implique de revoir l’articulation d’un parcours quand il passe du présentiel à la classe virtuelle.

Si cela a, certes, des inconvénients/contraintes en termes d’organisation et de planification, cela a aussi des vertus en termes d’apprentissage.

  • Faciliter les allers-retours entre moments de formation et mise en application au poste de travail. Ce qui favorise la démarche de test & learn mais aussi la possibilité de poser régulièrement des questions au formateur, de faire des REX avec les autres participants.
  • Permettre aux participants, s’ils en ressentent le besoin, de revenir sur le sujet entre chaque session. Ce qui rend le tout plus digeste (répéter, revoir, approfondir, etc.) et en phase avec leur rythme d’appropriation.
  • Laisser toute la place à la mise en pratique, en présentiel (simulation, travaux en situation quasi réelle, etc.).

Et pour conclure, une citation de Yakoov Smirnoff (humoriste américain) à emporter partout avec vous : « Le rire est la plus courte distance entre deux êtres ». D’où l’importance de ne pas négliger l’informel en classe virtuelle afin de laisser de la place à l’entrain et à l'humour.

Un article by TIPS

 

*Le mot proximité a, en fait, notre préférence. Il revêt une plus grande richesse dans les ressentis que celui de présence.

**On serait bien tenté de détourner une réplique de Michel Audiard et de dire « Les bons formateurs, ça ose tout. Et c’est même à ça qu’on les reconnaît ! »

Quant au cheval blanc d'Henri  IV, certains vous diront que c'est une question posée par ce dernier à son surintendant des Finances, Sully et que la bonne réponse est ''gris'' (car les chevaux à la robe blanche sont rares), d'autres que la bonne réponse est'' blanche'' car c'est de la couleur que l'on parle. Enfin pour finir d'en perdre votre latin, d'autres encore vous diront que cette question est une blague de Raymond Deloison. Bref, la réponse restera un mystère !

Pour prolonger votre lecture :

#1 La classe virtuelle : soignez votre préparation

#2 Du présentiel à la classe virtuelle ou comment recycler vos contenus !

#4 La classe virtuelle facilitée… grâce à vous !

La classe virtuelle pas si virtuelle que ça

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